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M. Rachid NINY est rédacteur en chef de l’un des plus grands quotidiens arabophones marocain « Al Massae ». Il a à diverses reprises fait l'objet de poursuites judiciaires pour avoir rédigé des chroniques critiques. Convoqué le 28 avril 2011 au siège de la Brigade nationale de la police judiciaire à Casablanca, il a été placé en garde à vue. Le 1er mai, il a été inculpé sur la base du code pénal, et non pas pour délit de presse.

Alkarama a adressé le 17 mai 2011 un appel urgent au Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression et au Groupe de travail sur la détention arbitraire pour leur demander d'enjoindre aux autorités marocaines de cesser leurs persécutions et de faire immédiatement libérer M. NINY. Les poursuites engagées contre lui constituent une atteinte à ses droits fondamentaux protégés tant par la Constitution marocaine que par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques auquel l’Etat est partie et en particulier les dispositions de l’article 19 garantissant la liberté d'expression.

M. Rachid NINY (رشيد نيني), âgé de 41 ans est le fondateur de l’un des plus grands quotidiens arabophones marocain « Al Massae » dont il est également le rédacteur en chef. Il incarne l’une des rares voix critiques dans le paysage médiatique en dénonçant régulièrement à travers ses écrits les injustices, la répression et la corruption de nombreux hauts fonctionnaires.

M. Rachid NINY a déjà fait l’objet par le passé de poursuites judiciaires après avoir publié des chroniques particulièrement critiques à l’égard des autorités en dénonçant les abus de pouvoir et la corruption, y compris du système judiciaire ce qui a valu une très lourde condamnation pécuniaire à son quotidien en 2008.

A la suite de la publication d’une série de chroniques ces derniers mois dans lesquelles il a mis en cause des passations frauduleuses de marchés publics par de hauts responsables de l’Etat, la partialité de la justice, les procès inéquitables des militants islamistes à la suite des attentats de Casablanca, les graves atteintes aux droits de l’homme et les excès de la lutte antiterroriste, il a de nouveau fait l’objet de diverses pressions de la part des autorités.

Ainsi, le 26 avril 2011, son groupe de presse a été mis en demeure de payer le montant de 6 millions de dirhams de dommages et intérêts auxquels il avait été condamné à la suite d’un procès antérieur. Le même jour, M. NINY a été convoqué au siège de la Brigade nationale de la police judiciaire à Casablanca pour être encore longuement interrogé au sujet de ses dernières publications.

Il a de nouveau été convoqué deux jours plus tard par les mêmes services et placé en garde à vue pendant deux jours avant d’être présenté devant le Procureur du Roi à Casablanca le 1er mai et inculpé « d’outrages et violences à fonctionnaire public ». Il a alors été placé en détention provisoire et en cellule d’isolement à la prison d’Oukacha à Casablanca.

Plusieurs demandes de mise en liberté provisoire ont été rejetées par les autorités judicaires alors même qu’il présentait toutes les garanties de représentation. Son procès, fixé à ce jour 17 mai 2011 vient d’être reporté à jeudi prochain 19 mai.

Il semble évident que les autorités tentent de museler les journalistes, en particulier lorsqu’ils se montrent critiques et dénoncent la corruption et les graves abus commis par certaines personnalités du monde politique et judiciaire.

Notre Organisation, la famille et les proches de M. Rachid NINY ainsi que son Comité de soutien et ses avocats, expriment aujourd’hui leurs craintes les plus vives de le voir condamné en raison de son exercice pacifique de sa liberté d’expression.