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Alkarama for Human Rights, 22 novembre 2007

Dans le cadre de l'examen périodique universel par le Conseil des droits de l'homme, Alkarama for Human Rights a présenté le 20 novembre un rapport sur la situation des droits de l'homme au Maroc.La mission du Conseil poursuit notamment comme objectif l'" amélioration de la situation des droits de l'homme sur le terrain " et le " respect par l'état de ses obligations et engagements en matière de droits de l'homme ".

La séance concernant le Maroc prévue au mois d'avril 2008 étudiera à la fois les contributions du gouvernement marocain et les rapports fournis par des organisations indépendantes. C'est à ce titre qu'Alkarama a présenté un bilan dans lequel elle a voulu exprimer ses préoccupations sur un certain nombre de points.

La nouvelle loi relative à la lutte contre le terrorisme promulguée le 28 mai 2003 prévoit certaines mesures qui violent les principes établis par les Conventions internationales ratifiées par le Maroc.

A la suite des attentats du 16 mai 2003 à Casablanca, des milliers de personnes ont été arrêtées arbitrairement, torturées et emprisonnées après avoir été condamnées dans des procès inéquitables. Cette situation perdure jusqu'à ce jour.

La torture quasi systématique et généralisée ne s'applique pas seulement aux personnes en garde à vue dans le but de leur extorquer des " aveux " mais est couramment pratiquée dans les centres de détention contrôlés par la DST (Direction de la surveillance du territoire), le service de renseignement interne. Les prévenus sont détenus arbitrairement au secret parfois pendant des mois.

Ces services de sécurité marocains " sous-traitent " la torture pour leurs partenaires dans la lutte contre le terrorisme. Des vols de la CIA ont transféré des suspects vers le Maroc où ils ont été détenus au secret, notamment dans la prison de Temara, où ils ont été interrogés par des agents des services de renseignement marocains et d'autres pays.

Les libertés d'expression, de réunion et d'association ont de nouveau subi de graves restrictions. De nombreuses personnes ont été arrêtées et condamnées pour avoir manifesté pacifiquement leurs opinions.

Le traitement infligé à de nombreux réfugiés et migrants constitue un autre sujet de préoccupation, en particulier en ce qui concerne l'expulsion dans des conditions inhumaines et dégradantes de demandeurs d'asile ou de réfugiés reconnus.

Alkarama for Human Rights se félicite de la mise en place du Conseil des droits de l'homme en espérant que cette nouvelle institution dans laquelle siègent les représentants des Etats saura formuler des conclusions et des recommandations qui prennent en compte les préoccupations de la société civile.