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Le 15 mai dernier, des milliers de jeunes égyptiens se sont rassemblés devant l'Ambassade israélienne à Giza, dans la banlieue du Caire, en commémoration de la « Nakba », l'exil palestinien après la création d'Israël en 1948. Ils ont notamment appelé au respect des droits et des libertés fondamentales du peuple palestinien.Alors que les manifestants pacifiques réclamaient la mise en berne du drapeau israélien, l'armée et les services de sécurité sont intervenus violemment pour les disperser faisant de nombreux blessés, avant de procéder à de multiples arrestations dans les rues adjacentes à l'ambassade. Ce rassemblement annuel était devenu une tradition ; il n'avait cependant jamais fait l'objet d'une telle répression.

Parmi les nombreuses arrestations figure celle du jeune Musab Al Shami Noshi, 21 ans, étudiant en pharmacie ; il rapporte avoir été frappé sur le corps et le visage par les militaires puis enfermé dans un camion pendant douze heures avec une cinquantaine d'autres manifestants. Mahmoud Sadati, 18 ans, étudiant en ingénierie, a subi le même sort. Arrêté à proximité de l'ambassade et traîné sur le sol jusqu'aux locaux des forces de sécurité, il témoigne avoir été torturé à l'électricité avant d'être enfermé dans le même camion. Les deux étudiants ont ensuite été déférés devant la Cour militaire, et condamnés à un an de prison avec sursis.
Une source crédible du ministère de la santé à révélé que plus de 353 personnes ont été blessées dans ces affrontements, ce qui démontre le degré de violence de l'armée et des forces de sécurité contre les manifestants pacifiques. Les médias locaux ont rapporté qu'un millier de manifestants ont été interpellés à la suite de ces évènements.

Alkarama s'inquiète de la résurgence de la pratique de la torture par les forces de sécurité, pratique qui semble être favorisée par le climat d'impunité qui persiste dans le pays ; de nombreux responsables de la répression des manifestations pacifiques du 25 janvier n'ont jamais été inquiétés et continuent de sévir. Notre organisation rappelle que cette situation est de nature à inciter les autres services de sécurité à employer les mêmes méthodes ; elle appelle les autorités égyptiennes à mettre un terme définitif à ces pratiques d'une autre époque et à respecter ses engagements internationaux du pays en matière des droits de l'homme.

Ahmed Mefreh, chercheur d'Alkarama au Caire, a relevé que « l'usage excessif de la force nous ramène aux années noires d'avant la révolution du 25 janvier, marquées par la répression sécuritaire et les arrestations arbitraires à l'encontre de manifestants pacifiques, traitements menaçant directement l'intégrité physique des ceux-ci» et a rappelé que « le droit au rassemblement politique est l'une des avancées de la révolution du 25 janvier et devrait être respecté en toutes circonstances ».