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Le 2 mars 2010, les services de renseignement égyptiens ont convoqué à Fayoum, Taha Abdel Tawab Mohammed, médecin du gouvernorat de Fayoum en Égypte qui avait organisé le soutien au Dr Mohammad Al Baradei, candidat potentiel aux élections présidentielles égyptiennes de 2011. M. Tawab Mohammed a été prévenu que, s'il ne répondait pas à l'appel le jour même, lui et sa famille seraient immédiatement arrêtés.

Devant faire face à ces menaces et ces allégations, Taha Mohamed n'avait d'autre choix que de se rendre à la convocation au bureau des services de renseignement à Fayoum. Dès qu'il a passé le pas de la porte, un groupe de policiers l'a traîné dans un bureau où il a été fait l'objet d'insultes et de menaces. Il a ensuite été interrogé sur son rôle dans l'organisation d'une campagne de soutien à Sanoores, à Fayoum, pour la candidature de Dr Al-Baradei aux élections présidentielles. Dr Al-Baradei, ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique et lauréat du prix Nobel de la paix de 2005, est retourné en Egypte le 19 février 2010, pour annoncer la création d'une « Coalition nationale pour le changement ", visant à garantir des élections libres et équitables lors des prochaines élections législatives en Egypte en novembre 2010 et des présidentielles égyptiennes de novembre 2011. M. Taha Abdel Tawab Mohammed avait organisé la campagne de soutien à la candidature de M. Al-Baradei.

Après une courte période d'interrogatoire, il a ensuite été sauvagement battu sur les mains et les pieds, et on l'a obligé à se déshabiller. Des officiers des services de sécurité l'ont ensuite battu à nouveau sur les jambes tout en l'insultant violemment. Il a été détenu jusqu'à 8 heures du matin le mardi 3 mars 2010. Il a ensuite été transféré à l'hôpital Senoores pour le traitement des blessures et son extrême fatigue, dues aux sessions de torture.

À l'hôpital, il a réussi à déposer une plainte. En réponse à celle-ci, et à la grande déception de M. Tawab Mohammed, deux policiers de Sanoores sont venus enquêter sur ses allégations. Taha Mohamed a refusé de leur parler, de peur qu'il soit de nouveau arrêté ou battu par ses tortionnaires. En plein traitement médical, Taha Mohamed a annoncé qu'il allait entamer une grève illimitée de la faim, grève qu'il a juré de continuer jusqu'à ce que les officiers qui l'ont arrêté, humilié et torturé soient poursuivis. Il est actuellement encore sous traitement médical à Sanoores.

Alkarama rappelle que l'article 42 de la Constitution égyptienne sanctionne la torture. Cette disposition stipule : «Tout citoyen arrêté, détenu ou dont la liberté aurait été restreinte doit être traité d'une manière sauvegardant sa dignité humaine. Il est interdit de maltraiter physiquement ou moralement, ou de le détenir ailleurs que dans les lieux soumis aux lois organisant les prisons. Toute déclaration dont il aurait été établi qu'elle a été faite sous la pression de ce qui est susmentionné ou sous la menace, est nulle et sans valeur. »

Selon les articles 126, 129, 282, l'agression par les officiers de police de citoyens est un délit; torturer un détenu pour lui extorquer des aveux est un crime, et son utilisation par des agents publics constitue aussi un délit. L'arrestation sans mandat de justice constitue une infraction punissable, ainsi que toute arrestation suivie de menaces et de tortures.

Alkarama a l'intention de soumettre le cas Taha Abdel Tawab Mohammed aux mécanismes onusiens des droits de l'homme et appelle les autorités égyptiennes à poursuivre les personnes impliquées dans son arrestation et sa torture. Il est clair que leurs actes constituent une violation flagrante du droit international des droits de l'homme et devait donc être puni en conséquence.

Il convient de noter que l'Egypte a ratifié la Convention contre la torture, le 25 juin 1986 et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques le 14 janvier 1982.