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L'affaire des 76 plaignants qui ont été arrêtés dans le cadre des manifestations devant l'ambassade israélienne a été transférée le 23 octobre dernier par le Procureur à la Cour suprême de la sûreté de l'Etat. Le Parquet n'a à ce jour divulgué aucune information sur l'exécution de manifestants pacifiques par les forces de la sécurité centrale et la police de l'armée ce jour-là.
Le 9 septembre dernier, des milliers de manifestants réunis sur la place Tahrir se sont dirigés en direction de l'ambassade d'Israël à l'occasion de la journée appelée « vendredi pour corriger le tir ». Des affrontements ont eu lieu entre les manifestants, la police militaire et les forces de la sécurité centrale qui ont usé de gaz lacrymogènes pour disperser la foule causant la mort de nombreux manifestants.

Le ministère de l'Intérieur a publié une déclaration le 10 septembre 2011 dans laquelle il réitérait l'engagement de « ses officiers et ses soldats à respecter les droits de rassemblement et de liberté d'opinion et d'expression et à faire preuve de maîtrise même en cas d'attaques des manifestants. »
Des témoins ont rapporté qu'au moins un véhicule de police a heurté et blessé de nombreux manifestants au cours du rassemblement devant l'ambassade d'Israël. Les manifestants auraient poursuivi le véhicule jusqu'au poste de police de Giza. Mohammed Mostafa Yehya, Ragab Ramadan Hussein et Alaa Soliman Mansour, tous trois âgés de 23 ans, sont morts suite à des blessures par balle à la poitrine infligées par la police.

‏Mohamed Yahya, le frère de Mostafa Al Ajeel, a déclaré que le Procureur près de la Cour suprême de la sûreté de l'Etat n'avait entrepris aucune action après avoir reçu des plaintes soumises par les familles de victimes qui accusaient les forces de la sécurité centrale de tirer sur les manifestants devant l'ambassade israélienne, causant la mort de M. Al Ajeel et blessant de nombreux passants.

‏M. Ahmed Mefreh, le représentant d'Alkarama au Caire, a déclaré : « les services de sécurité laissent planer le doute sur le nombre exact de décès survenus lors de ce rassemblement et sur l'ouverture d'enquêtes menées sur certaines des exactions. » Mefreh a demandé instamment au Procureur près de la Cour suprême de la sûreté de l'Etat de clarifier ses déclarations et de publier les résultats de ses enquêtes.

Dans un rapport publié récemment, le Conseil national pour les droits de l'homme (CNDH) en Egypte a exprimé ses préoccupations devant le nombre croissant de victimes et de blessés dans des affrontements. Le Conseil a demandé au Procureur général d'enquêter sur cette affaire et de rendre publics les résultats de cette enquête. Le centre a aussi déclaré que les témoins avaient rapporté des décès survenus lors du rassemblement.

Des avocats et des défenseurs des droits de l'homme avaient déjà formulé des critiques sur la Cour de la Sûreté de l'Etat avant la révolution égyptienne et avait demandé son abolition.

Alkarama est préoccupée par les déclarations contradictoires de la Cour suprême de la Sûreté de l'Etat et par le fait que l'enquête sur l'exécution des manifestants par les services de sécurité et la police de l'armée reste au point mort.

Alkarama a soumis les cas de Mostafa Yehya Al Ajeel et d'autres manifestants exécutés au Rapporteur spécial de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires pour lui demander d'intervenir auprès des autorités égyptiennes et exiger l'ouverture d'une enquête sur les violations commises par les services de sécurité afin qu'ils soient traduits en justice.