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M. Adam Khalil Haouli, un réfugié soudanais de 37 ans résidant en Egypte depuis mai 2002, a été arrêté par les services de sécurité égyptiens le 30 décembre 2009 et brutalement torturé pendant quatre-vingt deux jours.

Le 4 novembre 2010, Alkarama a soumis son cas au Rapporteur spécial sur la torture pour qu'il intervienne auprès des autorités égyptiennes afin qu'elles ordonnent l'ouverture d'une enquête complète et impartiale dans le but d'établir les faits et de poursuivre les responsables des tortures subies par M. Haouli.

M. Haouli a été arrêté chez lui dans la nuit du 30 décembre 2009 par des agents des forces spéciales encadrés par des agents des services de renseignement. Lors de l'arrestation, les agents n'ont présenté aucun mandat judiciaire et ne lui ont pas donné les raisons de son arrestation. De plus, les agents des services de renseignement ont effectué une perquisition, toujours sans mandat judiciaire, et ont confisqué différents objets personnels, notamment des téléphones portables, des ordinateurs, des bijoux, 4000 livres égyptiennes (690 dollars américains) et 4000 dollars américains. M. Haouli a été ligoté et roué de coups sous les yeux de sa famille avant d'être emmené aux locaux des services de renseignement à Al-Giza (aussi connus sous le nom de « Jaber Ben Hayan ») où il a été détenu jusqu'au 24 janvier 2010.

Le lendemain de l'arrestation, l'épouse de M. Haouli s'est rendue au poste de police de Boulak Al-Dekour pour déposer plainte mais on lui a ordonné de partir.

Le 24 janvier 2010, M. Haouli a été emmené aux locaux des services de renseignement à Nasr City où il a été détenu au secret pendant quatre-vingt deux jours avant d'être présenté au Parquet de la Sûreté de l'Etat le 15 avril 2010. Pendant qu'il était détenu à Nasr City, M. Haouli a été torturé par les agents des services de renseignement. Il a notamment été électrocuté sur plusieurs parties du corps, suspendu pendant plusieurs heures d'affilée dans différentes positions, battu jusqu'à perdre connaissance et privé de sommeil. Ses bourreaux l'ont aussi menacé de le violer s'il ne leur donnait pas des informations concernant les autres réfugiés africains qu'il aurait aidés à quitter le pays. Il n'a, à aucun moment, été pris en charge médicalement.

Plusieurs anciens prisonniers détenus dans les locaux des services de renseignement à Nasr City affirment avoir subi le même type de tortures que M. Haouli. Ils donnent des détails sur la brutalité des tortures qui y sont pratiquées et déclarent que la majorité des prisonniers sont victimes de ce type de violences.

Le 15 avril 2010, M. Haouli a été accusé par le Parquet de la Sûreté de l'Etat d'appartenance à un groupe interdit facilitant le passage de réfugiés africains en Israël. Pour émettre de telles accusations, le Procureur s'est basé sur des aveux extorqués sous la torture. M. Haouli a ensuite été emmené la prison de Torah avant d'être transféré à nouveau aux locaux des services de renseignement à Al-Giza. Là, il attend toujours d'être extradé par la force vers le Soudan, extradition qui constitue une violation de l'article 3 de la Convention contre la torture.

Alkarama condamne fermement les actes de tortures qui continuent d'être perpétrés en raison de l'impunité quasi-totale des responsables de ces violences.