Hier, les proches de Shawki Omar, un détenu jordanien de 52 ans en grève de la faim depuis le 4 février dernier, ont organisé des rassemblements devant les ambassades irakiennes à Londres et à Amman pour protester contre sa détention arbitraire depuis 2004 et les tortures qu'il a subis reécemment. Shawki Omar avait été arrêté avec sa femme enceinte en octobre 2004 peu après son arrivée en Irak. Sa fille qui a aujourd'hui 7 ans demande la libération de son père.
Au lendemain de l'invasion américaine en Irak de 2003, plusieurs dizaines de citoyens non irakiens d'origine arabe ont été arrêtés arbitrairement pour appartenance à « la résistance armée » contre les forces américaines. C'est dans ce contexte que Shawki Omar, venu travailler en Irak, a été arrêté en 2004 en compagnie de sa femme. Arrestation arbitraire, détention au secret, tortures... L'affaire de ce détenu jordanien illustre la panoplie des violations des droits de l'homme auxquelles a été soumise cette catégorie vulnérable de détenus. Après son arrestation, il a été détenu au secret pendant deux semaines sans que sa famille ne sache où il se trouve. Ses ravisseurs l'ont battu et torturé pour le forcer à avouer ses prétendus liens avec la résistance armée irakienne. Quelques années plus tard, ces faux aveux ont été utilisés contre lui lors d'un procès inéquitable. Sans avoir pu assurer sa défense avec l'aide d'un avocat, il a été condamné à sept ans d'emprisonnement pour entrée illégale en Irak.
La famille nous a récemment informés qu'Omar, détenu à la prison de Karakh, avait été de nouveau interrogé et torturé au cours des mois de novembre et de décembre 2012. Ses tortionnaires l'ont battu et menacé de le transférer dans un centre de détention secret où il serait maltraité. D'autres détenus rapportent qu'ils ont également subi de tels interrogatoires et en sont sortis avec les os fracturés et des brûlures sur le corps. Omar Shawki qui a pu appeler son épouse il y a quelque jours lui a confié : « Nous [les prisonniers] avons l'impression que les autorités pénitentiaires sont de plus en plus violentes, à tel point que les mauvais traitements deviennent come une routine. ».
Alkarama est préoccupée par la santé physique et mentale de Shawki Omar qui risque d'être à nouveau torturé, en particulier s'il est transféré dans un centre de détention secret. Plusieurs détenus de la prison de Karakh ont été transférés vers une prison secrète et leurs familles restent sans nouvelles d'eux à ce jour. Alkarama a donc saisi en urgence le Rapporteur spécial sur la torture afin qu'il intervienne immédiatement auprès des autorités irakiennes.
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