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Alkarama est préoccupée par l'usage disproportionné de la force par les services de sécurité égyptiens contre les manifestants qui a déjà causé de nombreux morts. Les autorités égyptiennes s'efforcent d'empêcher la divulgation d'informations sur les violations actuelles. Elles ont pour cela totalement bloqué l'accès à Internet dans l'ensemble du pays et ont durci le système de censure des médias. Les rassemblements ont commencé il y a trois jours à travers tout le pays et les manifestants qui défilent réclament un changement politique démocratique et le départ du président Hosni Moubarak. On rapporte que de nombreux manifestants sont décédés suite à des affrontements violents avec les forces de sécurité déployées. Alkarama a soumi au Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires les cas de deux personnes tués le 25 janvier 2011: Mustapha Ragab (21 ans), tué d'une balle dans le coeur, Sulaiman Saber (35 ans) décédé après avoir reçu deux balles dans le ventre et le cas de Ghareeb Abdulali abattu par les forces de sécurité le 26 janvier 2011.

Alkarama a fait part aux Nations unies de son extrême préoccupation concernant les exécutions extrajudiciaires et les centaines d'arrestations de manifestants qui ont été emmenés vers des destinations inconnues. Il y a des motifs sérieux de croire que ces personnes arrêtées risquent très probablement d'être torturées ou tuées, en-dehors de tout contrôle judiciaire. Alors que les médias et la presse sont actuellement muselés et que l'accès à internet et à la téléphonie mobile est bloqué à travers toute l'Egypte, Alkarama craint que de nouvelles violences éclatent et qu'elles ne puissent être rapportées. Des journalistes tentant de couvrir les événements auraient aussi été agressés.

Alkarama condamne fermement ces violations et demande au gouvernement égyptien de respecter ses obligations en matière de droit international des droits de l'homme. Nous demandons aussi aux autorités de s'abstenir de commettre de telles violations et de permettre aux citoyens égyptiens d'exprimer de manière pacifique leurs revendications. Alkarama continue de suivre la situation et de recueillir des informations sur des violations dans le but de les soumettre aux mécanismes des droits de l'homme de l'ONU.

Pour plus d'informations: voir le communiqué de presse du Bureau du Haut Commissariat aux droits de l'homme publié aujourd'hui (en anglais):

UN High Commissioner for Human Rights urges Government restraint and respect for human rights in Egypt